martinisme russe

     

    Historique du Martinisme contemporain

    A la Gloire du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l’Univers

    Le nom de Martinisme vient de Louis-Claude de Saint-Martin, philosophe spiritualiste du siècle des Lumières, qu’il ne faut pas confondre avec son maître, Joachim Martinès de Pasqually. Aussi, pour différencier l’œuvre du premier de celle du second, est-il d’usage courant de parler respectivement de Martinisme et de Martinèsisme. Bien plus, le Martinisme contemporain tirant son inspiration de Papus tout autant, sinon plus, que de Saint-Martin, les spécialistes ont trouvé plus commode d’attribuer le substantif de Saint-Martinisme à tout ce qui a trait exclusivement à Saint-Martin. Tout est donc très clair à présent entre Martinèsisme, Saint-Martinisme et Martinisme.

    Il existe plusieurs variantes de Martinisme selon que l’on se réfère à l’Ordre Martiniste des origines – fin des années 1880 –, ou à celui des premières années du début du XXème siècle, ou encore à celui des années 1920.

    Au départ, tous les cherchants étaient les bienvenus sur une base purement ésotérique, humaniste et adogmatique. En témoigne cet extrait d’un discours martiniste de Stanislas de Guaita datant de 1889 : « Il ne s’agit point ici de t’imposer des convictions dogmatiques. Que tu te croies matérialiste, ou spiritualiste, ou idéaliste ; que tu fasses profession de Christianisme ou de Bouddhisme ; que tu te proclames libre-penseur ou que tu affectes même le scepticisme absolu, peu nous importe après tout : et nous ne froisserons pas ton cœur, en molestant ton esprit sur
    des problèmes que tu ne dois résoudre que face à face avec ta conscience et dans le silence solennel de tes passions apaisées. Pourvu qu’embrasé d’un amour véritable pour tes frères humains, tu ne cherches jamais à dissoudre les liens de solidarité qui te rattachent étroitement au Règne Hominal considéré dans sa Synthèse, tu es d’une religion suprême et vraiment universelle, car c’est elle qui se manifeste et s’impose (multiforme il est vrai,mais essentiellement identique à elle-même), sous les voiles de tous les cultes exotériques d’Occident comme d’Orient. »

    Ensuite, en grande partie sous l’influence de Maître Philippe, célèbre thaumaturge de Lyon, la pensée de Papus évolua vers une piété christique affirmée, dont le fondement reposait sur Jésus « Dieu venu en chair », selon l’expression
    de Papus. Un de ses compagnons de la première heure donne l’exemple le plus abouti de cette démarche. Il s’agit de Sédir, qui, sous l’influence de Maître Philippe, abandonna ses profondes recherches occultes, renonça à ses prestigieuses distinctions initiatiques et, rejetant toute sagesse ésotérique, se consacra exclusivement au service
    du Christ.

    Puis, dans les années 1920, Jean Bricaud, le nouveau Grand Maître de l’Ordre Martiniste, unit étroitement le Martinisme à une confession chrétienne, l’Église Gnostique.

    En réaction, voulant renouer avec l’esprit des origines, Victor Blanchard créa l’Ordre Martiniste et Synarchique en 1920, puis Augustin Chaboseau, cofondateur avec Papus de l’Ordre Martiniste, lança l’Ordre Martiniste Traditionnel en 1931.

    Enfin, en 1968, invoquant une filiation russe et se réclamant de Georges Lagrèze, Robert Ambelain fonda l’Ordre Martiniste Initiatique. Voué à l’étude de l’Occulte, cet Ordre était lui aussi dénué de toute connotation dogmatique ou religieuse.

    Le décès de Robert Ambelain en 1997, donna le signal de l’éclatement de l’Ordre Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm et de l’Ordre Martiniste Initiatique, chacun d’eux se fragmentant en plusieurs structures rivales. La Voie Martiniste Initiatique est issue de la filiation Ambelain-Kloppel-Castelli.

    Au final, les différents Ordres Martinistes en activité en France aujourd’hui peuvent être regroupés en deux grandes mouvances :

    • Le Martinisme Initiatique promu par Robert Ambelain et le Martinisme Traditionnel venant d’Augustin Chaboseau, représentent l’intuition libérale originelle de Papus et de Chaboseau. Dans le but de porter secours à la faiblesse humaine, ils proposent à leurs membres des applications pratiques sous la forme d’exercices psycho-spirituels. De la même veine, l’Ordre Martiniste Synarchique est surtout présent en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

      Le Martinisme de la lignée Bricaud-Chevillon et le Martinisme de la lignée Bricaud-Chevillon-Dupont-Philippe Encausse. Il proclame son mysticisme, chrétien pour le premier, christique pour le second. Il lui arrive souvent, mais ce n’est pas une généralité, d’être couplé avec une Église gnostique ou catholique libérale. Ses adhérents s’adonnent à la prière et à l’oraison.